Plus d’un milliard de personnes vivent avec une forme de handicap selon l’Organisation Mondiale de la Santé, constituant ainsi la plus grande minorité.
Plusieurs données montrent que les personnes handicapées sont plus souvent victimes de discrimination et d’inégalités. Outre le manque d’autonomie, ces dernières doivent faire face à de nombreuses barrières à leur accès aux soins de santé. Les différentes contraintes sont notamment liées à la configuration des structures de prise en charge, leur aménagement peu adaptés surtout au handicap physique. En plus de cela, le manque de connaissance du personnel sanitaire sur la problématique du handicap constitue des limites pour une bonne prise en compte des besoins des personnes vivant avec un handicap.
Sur le plan du VIH, les personnes handicapées constituent une population particulièrement vulnérable, car elles sont plus souvent touchées par la pauvreté, les violences physiques et sexuelles et ont moins accès à l’éducation. Entre 2016 et 2018, des études bio-comportementales menées auprès de personnes vivant avec un handicap au Sénégal, mais également au Burkina Faso, au Cap Vert, en Guinée-Bissau au Niger, ont révélé que la prévalence du VIH est en moyenne trois fois supérieure chez les personnes ayant un handicap comparées au reste de la population. Cette forte prévalence varie en fonction du type de handicap et du genre.
Pour apporter des éléments de réponse à cette problématique, le projet FEVE IMPULSE, coordonnée par ENDA Santé et financé par la coopération luxembourgeoise en partenariat avec San Access, place les personnes handicapées au rang de priorité dans la réponse au VIH, aux IST et aux affections associées. Le projet FEVE IMPULSE facilite la mise en place d’initiatives efficaces à travers une approche communautaires ancrées dans les réalités locales pour bâtir des communautés plus fortes et plus résilientes face au VIH.
Face à un contexte souvent marqué par la stigmatisation, le rejet, l’auto stigmatisation, et la non prise en compte des besoins spécifiques des personnes handicapées, ENDA Santé, pionnière de l’offre clinique mobile, propose des services de soins intégrés et adaptés dans les zones où les services de soins sont limités.
Au Centre socio professionnel des handicapés moteurs Khady Gueye de Mbour, les équipes de ENDA Santé ont formé des leaders parmi les personnes handicapées qui à leur tour mobilisent leurs pairs afin de les sensibiliser pour adopter des comportements à moindre risque face au VIH. Des activités intégrées de sensibilisation et de consultations gynécologiques à bord de la clinique mobile sont régulièrement organisées dans l’enceinte du Centre.
Les personnes avec un handicap fréquentent très rarement les structures de santé à cause l’inaccessibilité des services de soins, alors que certains éprouvent une gêne voire un complexe à franchir les barrières physiques. La clinique mobile de ENDA Santé se déplace jusque chez nous dans notre centre. Nous n’éprouvons pas de complexes pour parler de nos problèmes de santé. Nous sommes à l’aise avec le l’équipe mobile qui prend en compte nos besoins gratuitement.
Coumba Dème, responsable des affaires sociales au Centre professionnel des handicapées moteur Khady Gueye de Mbour.
A Dakar, la Fédération nationale des associations de personnes handicapées (FSAPH) bénéficie des interventions de ENDA Santé. Fama Kâ, paire éducatrice, travaille avec l’équipe de terrain. Elle salue l’inclusion des personnes handicapées dans les interventions de ENDA Santé. Fama Ka confirme l’importance des séances de causerie et de dépistage qui leur permettent en tant que personne vulnérable d’accéder aux informations nécessaires sur le VIH et sur les IST et en outre de connaître leur statut sérologique.
Elle relève l’impact des consultations et les dons de médicaments au profit des personnes handicapées. Cela renforce le bien-être des PH et leur permet de réduire les dépenses en santé quand on sait que les personnes handicapées sont très souvent exposées à certaines maladies.
Les mutuelles de Santé : une approche inclusive pour les Personnes Handicapées
Dans la continuité de cet engagement, ENDA Santé a mis en place une stratégie d’enrôlement des personnes handicapées dans les mutuelles de santé. L’objectif de cette intervention est de d’améliorer l’accès aux soins de santé et de réduire le fardeau des maladies telles que le VIH, les IST chez les personnes handicapées. 170 personnes ont été enrolées depuis 2021. Cette initiative confirme la volonté de ENDA Santé de multiplier les stratégies en vue de mieux les accompagner.
La mutuelle nous permet d’avoir des prestations de qualité et à moindre cout. Nous payons 50% des frais médicaux à partir de 10 000 francs.
Fama Kâ.
J’ai toujours hésité à consulter un médecin pour ma famille et moi à cause des coûts élevés. Mais l’adhésion à la mutuelle de santé m’a permis d’accéder à des soins à moindre coûts. C’est un soulagement de savoir que l’accès aux soins de base est devenue une réalité pour ma famille et moi, témoigne une bénéficiaire à Mbour.
Dame Diop n’a pas pour le moment bénéficié des avantages de la mutuelle de santé. Mais il salue l’initiative. « C’est rassurant de savoir que si on tombe malade, une partie des frais médicaux est prise en charge. Dans le passé, j’ai renoncé à faire des examens et bilans et à l’achat de médicaments parce que je n’en avais pas les moyens financiers ».
Ces expériences illustrent comment, à partir de leurs particularités, les besoins spécifiques des personnes vulnérables, ENDA Santé travaillent avec les communautés pour transformer des vies, et ainsi contribuer à la riposte au VIH dans ce contexte de crise et de raréfaction des ressources financières.
À travers le financement des activités de prévention et la prise en charge des VIH/IST et des hépatites, ENDA Santé soutient les populations les plus vulnérables dans leur lutte contre la transmission du VIH. Ces initiatives visent à réduire la vulnérabilité des communautés face au VIH. Chaque personne sensibilisée, chaque patient bénéficiant de soins, chaque relais communautaire formé, ainsi que chaque transformation réalisée, contribue à nos objectifs communs : éliminer le VIH d’ici 2030 et améliorer le bien-être des communautés à risque.