Le consortium ENDA a effectué une visite de terrain dans les zones de Réo et de Kaya au Burkina Faso. Cette mission s’inscrit dans le cadre du Projet Accélérateur Régional, un programme soutenu par la Fondation S, visant à renforcer les réponses communautaires face aux impacts du changement climatique sur la santé des populations.
Au Burkina tout comme dans l’ensemble du Sahel, le changement climatique se fait sentir chaque année un peu plus. Les températures augmentent et les pluies deviennent imprévisibles. Pour de nombreuses familles, cela se traduit par des récoltes moins abondantes et des revenus incertains. Entre sécheresses prolongées et pluies violentes, les communautés doivent faire face à des conditions de vie de plus en plus difficiles. Cette situation fragilise la sécurité alimentaire et met à rude épreuve les moyens de subsistance, accentuant la vulnérabilité des populations les plus exposées. Alors que le changement climatique représente une menace profonde pour la survie des populations surtout dans les zones rurales où l’économie repose majoritairement sur l’agriculture.
Au Burkina Faso, les communautés et les personnes touchées par le défi climatique sont au cœur de la réponse. L’association locale UGF_CDN à Réo située à une quinzaine de Kilométre de Koudou et l’association ADC/CN à Kaya situé au centre nord, bénéficiaire du financement de la Fondation S, ont mis en place des fermes agroécologiques communautaires, innovants. Lancée entre fin 2025 et 2026, ces fermes sont actuellement en phase de développement avec l’installation de plusieurs infrastructures modernes : des mini-forages alimentés par énergie solaire, un système d’irrigation goutte-à-goutte et la culture de divers produits maraîchers tels que l’oignon, la pomme de terre, le maïs et plusieurs légumes locaux et des fruits comme la banane, la papaye etc.
Ces fermes agroécologiques constituent des sites pilotes, au-delà de la production maraîchère, le projet prévoit également d’intégrer d’autres activités génératrices de revenus et écologiquement durables notamment l’élevage de poissons (pisciculture) et l’apiculture avec l’installation de ruches pour la production de miel. Une approche intégrée qui vise à diversifier les sources de revenus des communautés tout en renforçant leur résilience face à l’insécurité alimentaire qui constitue un des effets du changement climatique.
La ferme de Réo est principalement gérée par les femmes de l’association, avec l’appui de jeunes techniciens et experts en agroécologie qui assurent l’encadrement technique du site. Cette collaboration entre savoir communautaire et expertise technique permet d’assurer une gestion durable et efficace du projet. Cette initiative illustre comment les projets locaux peuvent contribuer à améliorer la sécurité alimentaire, renforcer la nutrition et promouvoir des solutions d’adaptation au changement climatique.
Au-delà de ses résultats agricoles, le projet représente un modèle prometteur de développement communautaire, plaçant les femmes et les jeunes au cœur des solutions pour la santé et le climat au Burkina Faso.
Le programme Accélérateur fédère des organisations communautaires de base, des acteurs de la société civile, des chercheurs et des décideurs publics, mobilisés à différentes échelles. Ensemble, ils travaillent à repenser et à coconstruire des solutions innovantes capables de produire des changements durables et transformateurs au Sénégal, au Burkina Faso, au Niger, au Mali, en Gambie, au Tchad, en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée-Bissau ainsi que dans les pays limitrophes.